Lucifer est moins triste, il flotte, l’éternité est douce, il sent l’amour infini en lui, Dieu le regarde tendrement. Dieu l’a déjà pardonné, et le laisse lui rendre son trône pour retrouver ses frères. Il veut chanter lui aussi, et se fondre dans la foule immense des bienheureux.

Il tente, mais sa langue trébuche, il ne sait pas, il ne sait plus, il panique.

Et soudain de son esprit tordu ressurgit ce qu’il tient pour sa fatalité : il est l’archange des ténèbres ; le mal incarné ; le nécessaire responsable des mauvais. Il se fourvoie ici, le bonheur ne peut être son destin, l’équilibre des forces repose sur lui, exige qu’il s’arrache du Paradis.

Lucifer n’est plus que diable, qui s’enfuit sombrement.

 

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