Les lycéennes non plus, pas plus que leurs ainées.

Depuis un bon bout de temps, il n’y a plus le collège  de garçons, et à quelques mètre son pendant : le collège de filles. Maintenant en grande majorité, c’est mixité à tous les étages. Sauf dans quelques établissements qui voient plus les avantages de séparer garçons et filles aux moments de leurs adolescences que les risques d’être taxés de réac’ sectaires et brimant. Mère de deux garçons, j’ai, enfin ils ont, testé les deux formules.

L’ainé a vécu son collège en classe dans un bâtiment non mixte, et récréation idem grâce à une (très) grande cour. Il est désormais au lycée, âge auquel ils sont tous garçons et filles remis ensemble, chacune des deux populations ayant été préalablement éduquée sur ce que sont des rapports sains à l’autre. Les garçons sont donc grands, ils ont gagné en maturité, sont prévenus des risques encourus en cas de dérapage. Ils bossent (ou pas). Les filles pareil, en ajoutant qu’elles sont plus sûres d’elles et de leurs droits à se défendre si nécessaire.

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Le second suit sa scolarité dans un établissement d’aussi bonne facture, mais mixte. Pourquoi pas, quand on est un collège à effectif réduit. Donc des filles avec des garçons en classe, apprenant à égalité.

Mais là où la formule mixte achoppe, c’est entre les cours…

Même un petit sixième, sans doute par mimétisme, peut se montrer capable d’aller furtivement palper les fesses et poitrines naissantes des filles.

Vous me direz peut-être que ce n’est pas bien grave, que ce n’est qu’un geste d’un instant. Sauf que si on se réfère au vocabulaire, ça porte un nom : attouchement. Et oui, toute de suite, ça fait plus sérieux.

Vous pourriez aussi invoquer le jeune âge des fautifs, leur excusable inconséquence. Sauf que. A quel âge ce genre de geste devient-il répréhensible, et question corolaire à ne pas oublier de prioriser : Y aurait-il un âge jusqu’auquel magiquement la victime n’en serait pas une, dès lors que le toucheur serait lui aussi mineur ? Parce que l’argument touche-pipi comme découverte de l’altérité entre bambins, passe encore… Mais au collège, ne nous voilons pas la face, c’est sexué. Point. Et la main au panier, quelque soit l’âge de la main en question, c’est détestable, intrusif et insultant. À moins bien sûr qu’elle y ait été invitée, mais ça, c’est un autre sujet, pour adultes.

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J’ai même pas de fille, alors de quoi je me mêle? Tant que mes fils ne me déshonorent pas? C’est juste, mais d’une j’aurai j’y compte bien un jour des petites filles, et puis mes amis ont une progéniture plus variée que moi. Alors pour leurs filles, pour les amies de mes fils, pour toutes les filles, je leurs dirais bien, à ces charmants collégiens que :

Lettre ouverte aux jeunes gens des collèges : Pourquoi une fille ne peut pas servir de tableau d’éveil sexuel.

Vous êtes à l’âge des transformations, qui font de vous des jeunes hommes et font de vos camarades féminines des jeunes femmes. 

Ces jeunes filles et leur corps en évolution sont en train de devenir très intéressantes pour vous. Elles vous attirent, vous intriguent. C’est bien naturel, mais :  

1/ L’adolescence n’est déjà pas facile pour les filles, parce que là ou un garçon commence à avoir de la moustache sur son visage qui n’est pas une partie intime et fait visiblement de lui un fier jeune homme, les filles, elles – et parfois beaucoup trop précocement à leur gout – voient pousser deux nouvelles parties intimes là où elles n’avaient jusqu’à présent qu’un torse d’enfant sans histoire. Ca se devine sous leurs pulls et s’impose sous leurs petits hauts.  Elles ne savent pas encore quand ce sera fini, comment s’habiller, comment assumer et gérer le regard des autres… Alors soyez aimables, regardez un peu moins lourdement, et évitez les commentaires embarrassants.

2/ pour ceux qui touchent… en passant, en vitesse, en douce, en se marrant, en se moquant… Juste une question : Et si… et si c’était vous ? Parce que parlons crument, il y a deux trucs très tentants qui poussent chez les filles. Et bien, si vous y êtes sensibles, c’est que votre corps aussi est en train de changer, et pas seulement sa pilosité : entre vos jambes, jeunes gens, y a un truc lui aussi très intime, qui pousse déjà ou va bientôt. Alors que diriez-vous si… en passant, en vitesse, en douce, en se marrant, en se moquant … on venait toucher votre braguette, ou vos fesses rebondies?

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Il y aurait bien sûr quelques apprentis caïds qui ne sauraient le prendre qu’à leur avantage, en déduiraient qu’ils ont une touche, que demain, dès qu’ils veulent, cette petite s….. qui n’en veut en aura, des outrages. C’est ça, le pouvoir d’un mec, un vrai : « c’est qui le B.G. ? Yoooo ». Et d’ailleurs nos collégiennes ne s’y trompent pas et se gardent bien pour la plupart de faire quoi que ce soit qui pourrait être interprété comme un encouragement. Et même celles qui ne ressemblent ni à des anges, ni à des jeunes filles modèles, même celles pour qui le mot décence a besoin d’être réaffirmé (et faisons-le), oui, même celles là : Aucune fille n’est un open bar – un buffet garni – un objet de consommation et d’étrennage de ses nouveaux joujoux et pouvoirs. Parce que sans son accord plein et entier, ça ne vaut pas, ça ne va pas, c’est tout bonnement puni par la Loi.

Il y aurait aussi, surtout dans les plus petites classes, des garçons qui, devinez quoi, n’apprécieraient pas du tout ces débuts de tripotage. Forcemment, c’est quand même leur corps rien qu’à eux, leur zizi et leurs fesses rien qu’à eux, et si maman n’a plus le droit depuis longtemps de rentrer dans la salle de bain quand ils y sont tout nus, c’est pas pour laisser la première venue TOUCHER ce que personne n’a plus le droit de risquer d’apercevoir.

Et que fait un garçon, à la mesure de sa force et de sa taille, quand on l’agresse ? Il se révolte, et cogne sans se poser de question, quitte à courser l’autre à travers toute la cour de récré, en criant au scandale.

Les filles, elles, ne cognent que peu, et puis elles sont empêchées, par leur force moindre, par la honte, par le fait que si elles répondent, physiquement ou oralement, elles mettront encore plus en exergue les protubérances dont elles sont déjà tellement embarrassées. Elles se convainquent que ce n’est pas assez grave pour être dénoncé, que « jusqu’ici, c’est pénible, mais ça pourrait être tellement pire… ». Elles mettent donc leur énergie à tenter d’anticiper pour esquiver les attouchements, et planquer comme elles le peuvent les jeunes femmes qu’elles deviennent. Il doit y avoir plus harmonieux comme façon de grandir, non ?

Et ça, cette réticence des filles à se défendre, y a des mecs qui la connaissent et pire, l’utilisent, parce qu’ils ont bien compris que tant que ça reste discret, ils peuvent se le permettre “pas vu, pas pris”. C’est cette impunité qui pour commencer ne devrait pas pouvoir être : On SURVEILLE la récré et les couloirs, et on choppe, on choppe, on punit.

Et puis, et puis, il y a le ventre mou du problème : la majorité de ces garçons aux mains baladeuses qui, sans sciemment penser à mal, ne se pose tout bêtement pas la question, ne se donne pas la peine de réfléchir aux implications, ni aux conséquences tant contre les filles que contre eux. Un si rapide petit geste qui les fait bien ricaner, c’est pas très gentil, mais bon, ça va, c’est pas la mort non plus.

Alors que si, c’est, si l’on prolonge la dérivée, le début de l’agonie du respect dû à chacun et à chacune.

Et c’est aussi bien mal commencer sa vie affective et sexuelle que de prendre des libertés avec celles de l’autre. La liberté de vouloir, et de ne pas vouloir, des deux côtés : c’est plus qu’obligatoire, c’est vital et indispensable.

En conclusion, nous pouvons et devons EDUQUER.

3/ Rappelez-vous qu’une fille, même plus faible, ou plus grosse, ou moins belle, ou trop jolie, doit être respectée. Souvenez-vous que les moqueries font plus de mal à vos victimes qu’elle ne vous amusent. Sachez que prendre mais aussi toucher ce qui ne vous a pas été offert ne fera jamais de vous des hommes puissants et admirés : seulement des sales types à éviter. Apprenez enfin que toucher une fille ou un garçon sans son accord ( ses fesses, le bas de son ventre, …) s’appelle un “attouchement”, et que c’est mal et interdit.

En ajoutant que les femmes respectent et aiment les hommes qui les respectent et les défendent, pas ceux qui les attaquent ou en abusent. En d’autres termes plus enfantins le chevalier qui gagnera la princesse et son royaume, c’est pas celui qui fait pouët-pouët-camion sans sa permission, c’est plutôt celui qui gagne son estime puis possiblement son cœur et son corps en la défendant contre les méchants.

http://www.elle.fr/Societe/Les-enquetes/Harcelement-de-rue-vos-temoignages-2140448

4/Les filles vous attirent déjà, mais soyez intelligents et pensez à votre avenir de jeune homme. Non seulement arrêtez ou ne commencez surtout pas les attouchements, tripotages imposés et tout ce qui s’en suit, mais mieux  encore : soyez ceux qui veillent à ce qu’aucun crétin ne se comporte mal avec aucune fille. Ces demoiselles verront en vous des gentlemen, et vous en seront reconnaissantes. 

Et pour ceux qui douteraient encore de l’urgence de bien se tenir quel que soit son âge et envers qui que ce soit, l’actualité peut être instructive :

http://www.francetvinfo.fr/societe/education/soupcons-d-attouchements-sexuels-dans-un-college-il-ne-faut-pas-prendre-cette-situation-a-la-legere_905553.html

5/ Enfin, pour ceux qui s’obstineraient à ne pas vouloir comprendre, ou malgré tout à continuer les gestes indécents, soyez prévenus : On vous a à l’œil et on ne vous laissera pas transformer le collège en un lieu de sous-droits des filles.

La loi protège, la loi peut punir, la loi est contre les attouchements et leurs auteurs, la loi s’applique partout, pour toutes et tous.

Parce qu’à force d’indulgence déplacée, existe ce genre de site, dont une société réellement évoluée ne devrait pas avoir besoin.

http://stop-violences-femmes.gouv.fr/Violences-sexuelles,312.html

 

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