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La femme que je suis ne saurait être misogyne.

Et la femme que je suis ne saurait rester au foyer, non plus.

Pour les même excellentes raisons que défend la ministre qui entend, y compris chez moi, que je sois un homme comme les autres.

Au départ, ce n’est qu’une mesure fiscale. Une de plus en défaveur des familles comme certaines persistent à en être : Papa + maman + des enfants. 

Alors pour commencer réduire les parts des enfants : trop d’enfants = trop riche = à sanctionner. simpliste. Efficace.

Ensuite, ça ne suffira pas à combler le déficit… qu’à cela ne tienne : taxer les très haut revenus. Sur le principe, c’est très défendable. Un dirigeant (parce que c’est de lui qu’il s’agit) aura ainsi une limite maximum au delà de laquelle il ne sera pas intéressant pour lui d’amasser encore plus d’argent. Il y a un moment ou faire gagner encore plus aux actionnaires, pour obtenir un encore meilleur salaire fait faire des choses anti-croissance, comme par exemple licencier encore et encore, améliorer ainsi ses coûts, et donc son bénéfice. Parce que ce n’est pas comme ça qu’on améliore son chiffre d’affaire, et donc les affaires du pays.

Le projet s’est fait retoqué, au motif qu’il visait les revenus personnels, et non pas le Foyer fiscal, qui est en France la base de calcul des prélèvements.

Qu’à cela ne tienne, brisons le foyer, et recommençons. Et pour argumenter cette nouvelle géniale idée montons un laïus imparable : portons-le sur le plan sociétal, celui qui nous a valu déjà tant de succès.

Or donc, la séparation des personnes du foyer en deux adultes aux revenus non missibles et donc taxables individuellement, c’est pour… tadam …. La défense de la condition féminine.

Outre que la ficelle est énorme, le fait que ce soit celle-ci qui ait été choisie, est une fois encore révélatrice de l’état d’esprit du gouvernement 

Il méprise la femme au foyer qui n’est pas en rébellion, mais en construction de sa famille et va punir celle dont le mari gagne suffisamment leur vie pour qu’ils se permettent de ne pas être deux à rapporter un salaire.

–       Je veux toutes les femmes au travail. Si elles n’y sont pas, c’est parce que le revenu qu’elles pourraient avoir en travaillant augmenterait la base commune de calcul de l’impôt : si elles ne travaillent pas, c’est pour des raisons fiscales.

Quand je me souviens qu’il y a des hommes, oui des hommes, qui verraient bien un salaire versé aux femmes au foyer pour services rendus, non seulement à leurs enfants, mais à la société…

Qui sont donc ces hommes d’un autre temps ? Des hommes libres, conscients de ce que peut apporter une mère à ses enfants, lorsqu’elle a le temps pour eux.

 Mais que fait-elle que ne ferait pas aussi bien une employée payée? le ménage, le repassage, les courses, les repas, les devoirs ? 

Oui. Elle fait tout ça, mais elle le fait avec plus d’attention, car le prix de son travail ce n’est pas un salaire, c’est le bien-être et bien-grandir de sa famille.

Elle fait tout ça, bien sûr, et ce n’est pas toujours valorisé, mais ce n’est pas le plus important. Ce qui vaut bien plus que de l’argent, c’est son temps. Sa permanente implication et disponibilité pour éduquer, préparer, expliquer, apprendre, réconforter, houspiller… un dictionnaire de verbes n’y suffirait pas. Et tout ceci est pour le bien de ses enfants, pour en faire des adultes de qualité, qui seront également de bons citoyens. 

C’est à l’avantage d’un pays d’avoir des enfants éduqués par leurs parents, et c’est une chance. l’Education Nationale ne peut et ne doit pas se substituer aux familles dans les domaines qui leurs sont propres. Si certaines veulent et peuvent offrir à leur enfants une mère au foyer, l’Etat, à défaut de les y encourager, n’est pas légitime à entraver cette liberté. Quel chef d’Etat voudrait mettre sur le marché du travail encore plus de chômeurs, et dans la rue après l’école encore plus d’enfants errants?

Tout à sa croisade anti-asservissement des femmes, la ministre semble ignorer deux choses : toutes les femmes au foyer ne sont pas exploitées, et n’y ont pas été contraintes : elles l’ont en général choisi, en concertation avec leurs maris. Et pour ce qui est des avantages escomptés de remise au travail des femmes, il n’y en n’a pas, quelque soit la population concernée.

A l’heure actuelle, Les femmes au foyer peuvent être schématiquement distinguées dans deux catégories de foyer.

Les foyer aisés : Elles ont choisi de rester à la maison, c’est leur mari dont le salaire suffit – parfois largement – qui assume sur ses seules épaules les besoins matériels de leur famille. Ces mères ont déjà si elles le veulent des aides qu’elles paient avec par exemple des chèques emploi-services (rappelons que là aussi il y a nouveau plafonnement qui va amener aux vices suivants : paiement au gris pour les moins scrupuleuses, ou suppression d’un de ces services pour les autres : autant de chômeurs de plus).

La séparation fiscale mènera immanquablement à l’exil des plus favorisés, de leurs revenus et de leurs consommations. Pour ceux qui resteront,  ce sera la mise sur le marché du travail de femmes ne pouvant faire valoir que leur expérience de mère, autant dire sans grands débouchés, à part gouvernante d’enfants autres que les leurs. Compte tenu de leur nouvelle taxation, elles devront se séparer de tout ou partie de leurs employés et si elle trouvent un travail, cesseront leurs activités bénévoles. Bénéfice fiscal = négatif. Bénéfice de baisse du chômage = négatif. Bénéfice de croissance = négatif. Bénéfice social = négatif.

L’autre catégorie de foyer est celle constituée des ménages modestes et de leurs enfants. Elles sont à la maison parce que c’est meilleur pour eux, et que financièrement ce n’est par leur intérêt qu’elles travaillent. Le salaire auquel elles renoncent ainsi est équilibré par leurs économies de garde d’enfants et de ménage. Elles ont le temps de préparer des repas plus sains et à moindre coûts, et elles veillent sur la maisonnée.

 Les priver de cet équilibre les renvoie sur le marché du travail. Si elles en trouvent – compte tenu des taux de chômage actuels, rien n’est moins sûr – Elles n’auront pour la plupart sans doute pas un métier à fort revenu : Elles n’embaucheront pas de personnel pour faire le ménage, ni aller chercher les enfants à l’école, ni veiller à leurs devoirs. Bénéfice fiscal = douteux. Bénéfice de baisse du chômage = négatif. Bénéfice de croissance = négatif. Bénéfice social = négatif.

–       Peut-être, mais la cause de la femme, là dedans ? Que les femmes au foyer quand ce ne sont pas des faignasses, ce sont les bonnes à tout faire des hommes !

–      Si Madame réussit à décrocher un job, elle fera ce qu’elle pourra, en plus de son travail, aux heures qu’il lui laissera. Son mari aidera à mettre le plat industriel du soir au micro-onde. les enfants auront gagné en autonomie : ils sauront faire cuire leurs nouilles, et pour le reste : vive la débrouille.

Comme soutient de la condition féminine, c’est ce qu’on appelle une bérézina annoncée. Comme soutient du noyau initial familial, préalable et nécessaire à toute société, les mots me manquent.

J’ajoute, si besoin est, que la femme au foyer n’est pas que précieuse à sa famille, elle est également utile à la société. Les Etats non déviant ont l’intelligence non seulement d’apprécier, mais également d’encourager ces bonnes volontés. Sans parler du respect auquel elles pourraient avoir droit, le seul examen des finances publiques et des taux de chomâge fait dire à certains ” Merci, Mesdames”. (ou “Messieurs” lorsque ce sont leurs épouses qui assument les revenus du foyer).

Quand les enfants sont jeunes : elle dispense de lui fournir une place en crèche. Places dont on sait combien elles sont chères dans tous les sens du terme.

Et quand les enfants grandissent, la journée de la femme au foyer lui laisse le temps pour consommer dans les petits commerces de quartier plutôt qu’en grandes surfaces, cuisiner des produits sains, mais aussi selon son cœur pour apporter son aide au tissu associatif qui n’a jamais trop de bénévoles.

Voilà.

 C’est le droit d’une femme de rester au foyer, comme c’est le droit d’une femme d’aller travailler : c’est un choix personnel et familial. Et taxer cette organisation au motif qu’elle n’est pas assez individuelle révèle bien le peu de sens commun de ceux qui nous “gouvernent”

https://alytis.wordpress.com/2013/12/17/et-quoi-dautre/

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