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Le petit noir au comptoir pour cause de beaucoup trop tôt, la noisette pour ne pas sombrer en sieste après sa dinette, le grand latte parce qu’on est gelé…. On a tous un tas de bonnes raisons pour avaler en vitesse ou partager entre amis un (plusieurs) petit(s) café(s).

On a chacun nos lieux de prédilection, la terrasse où trainasser, le coin au fond pour comploter ou debout parce qu’on est pressé, au zinc mais c’est permis puisque c’est pour un petit café, à ne pas confondre avec le petit blanc d’alcoolique qu’on n’est pas, sauf peut-être de travail. On y est rarement le seul quelle que soit l’heure, à avoir un besoin brûlant de caféine, et d’une pause.

Prenons un scénario typique, celui d’un petit matin d’accro au café. Ca ressemble grosso modo à ça :

Il pousse les semblant trois tonnes de la porte de son bistro, le jour l’a déjà épuisé, et ce n’est que le début.

Il s’installe au bar, au bar pas en salle, parce qu’il a une conscience professionnelle et que c’est pour être efficace qu’il fait cette micro-pause pré laborieuse, et puis s’il s’assied, pas sûr qu’il s’en relève.

Il quémande pâteusement son café, le cafetier le lui glisse avec le sucrier au cas ou.

S’il hisse ses yeux au dessus de sa tasse, exploit hautement sportif à des heures aussi indues, il croise éventuellement les même que les siens : concentrés dans le vague, il faut quand même un peu de temps pour que la potion magique fasse son bon effet… Peu importent l’accoutrement, l’état de fraicheur du rasage, qui est chef, secrétaire, cantonnier : Tous de la grande famille des zombies matinaux, à stades plus ou moins avancés.

Et puis, ça marche – à tous les coups – mieux qu’un Mars –  ça repart, notre héros est tellement plus prêt à conquérir le monde qu’en arrivant… il est redevenu un humain à part entière, énergique et même sociable, au point de pouvoir répondre « vous également » au « bonne journée » qui lui a été adressé.

En partant, il a un sourire d’encouragement solidaire pour ceux qui poussent à leur tour la porte de la baraque à café…

Cet élan de complicité que crée un besoin commun,  tous ces gens qui se croisent dès l’aube, ceux qui se retrouvent plus tard par petites grappes, c’est sympa. Vraiment, C’est cool de partager même chacun dans son espace ces petites parenthèses revigorantes (un café et on y retourne) mais il y a un truc qui l’est encore plus : le café en attente, également appelé Coffee sharing parce que Caffè sospeso c’est pas très international.

Quesako ?  Une trouvaille de Napolitain, pour qui le caffè est un besoin primordial, vital même. Alors qu’est-ce qu’ils ont encore inventé nos bons cousins transalpins ?

Un truc génial : tu rentres, tu fais tout pareil que d’habitude , tu bois ton kawa, et comme t’es pas un voleur et que personne ne veut te confier la plonge, tu paies. Mais au lieu de payer UN café à 1 euro au comptoir, tu en paies DEUX :

UN (le tien) + UN (le « suspendu ») = DEUX euros,  DEUX contents. (dont un en suspens)

Toi tu l’es parce que ça va mieux maintenant que tu l’as dans les veines, ton café, mais aussi parce que ce que tu viens de faire c’est d’en offrir un à un(e) que tu ne connais pas et qui doit trop compter ses centimes pour en dépenser 100 pour un café. Bref, tu as fait en un seul mouvement du bien à toi et du bien tout court.

Ca met de bonne humeur, d’être un peu bon gars pour son prochain, non?

Celui là, ton frère ou ta soeur quelqu’il soit pourra venir à son heure et demander au gars derrière le bar s’il n’aurait pas un café en attente pour lui. Et comme tu auras fait ta petite B.A., le monsieur répondra « mais si, justement. Tenez ».

J’adore.

Une bonne action en douce, pas imposée, pas d’embarras quand on te dit merci, pas à te demander si la pièce que tu donnes ne va pas servir à un mauvais litron ou pire à payer l’essence du maquereau de la misère que tu sais avoir asservi cette brave fille la main tendue sur le trottoir.

Surtout que c’est au départ un café, mais tu peux aussi offrir un sandwich en même temps que tu t’en prend un, qui sera tout prêt tout frais  pour celui qui viendra le demander à son meilleur moment pour le manger.

Et même, même, les jours fastes, tu peux pré-payer un plat chaud, et quand le rush sera fini le restaurateur au lieu de jeter les invendus périssables (moins de gaspi, plus de nourris, yeah) pourra en faire bénéficier de ton anonyme part un ou une qui en avait bien besoin. Moins monnayable que le ticket resto, mais avoir été l’objet d’une invitation, ça donne un petit quelque chose de plus fraternel.

Alors, c’est italien au départ, c’est mondial maintenant, et français aussi mais pas tant que ça.

C’est dommage, mais ça peut s’améliorer : en donnant aux patrons de bistrots qui vous en semblent dignes l’adresse qui suit, et qui explique aussi pourquoi à moins d’être snob et outrageusement méfiant, c’est également une bonne chose pour leur commerce, parce qu’être les vecteurs de la générosité des hommes, leur en donner un si sympathique et facile moyen, comment refuser ?

c’est là, et ça pourrait être votre café chéri du coin en bas de chez vous :

http://www.coffeesharing.com/

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